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Marc Levy tout simplement !!!

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ma1689

Description :

ce Sky est dédié a Marc Levy que je trouve génial.
si vous ne le connaissez pas et bien alors ce sky est pour vous!!!
je parlerais de ses livres,de lui, sa vie et encore plein de choses.
cette année je l'ai rencontré et il est vraiment très gentil !!!

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et si c'était vrai...

C'est le premier roman de Marc lévy,



Que penser d'une femme qui choisit le placard de votre salle de bain pour y passer ses journées ? qui s'étonne que vous puissiez la voir ? qui disparaît et reparaît à sa guise et qui prétend être plongée dans un profond coma à l'autre bout de la ville ? Faut-il lui faire consulter un psychiatre ? en consulter un soi-même ? ou, tout au contraire, se laisser comporter par cette extravagante aventure ?

Et si c'était vrai ?...
S'il était vrai qu'Arthur soit le seul homme qui puisse partager le secret de Lauren, contempler celle que personne ne voit, parler à celle que personne n'entend...

Une histoire tendre, une aventure pleine d'humour et de rebondissements.


voici un extrait:

Tandis que Peggy Lee chantait Fever sur 101.3 FM, Arthur plongea sa tête plusieurs fois sous l'eau. Ce qui l'étonna d'abord fut la qualité sonore de la chanson qu'il écoutait, puis le réalisme stupéfiant de la stéréophonie, surtout pour un appareil censé être en monophonie. À bien entendre, il semblait que le claquement de doigts qui accompagne la mélodie provenait de la penderie. Intrigue, il sortit de l'eau, et marcha a pas de loup vers les portes du placard, pour mieux entendre. Le bruit était de plus en plus précis. Il hésita, prit son souffle et ouvrit brusquement les deux battants. Ses yeux s'écarquillèrent, il fit un mouvement de recul.
Cachée entre les cintres, il y avait une femme, les yeux clos, apparemment envoûtée par le rythme de la chanson, faisant claquer son pouce contre son index, elle fredonnait.








— Qui êtes-vous, qu'est-ce que vous faites là ? questionna-t-il.

La femme sursauta et ouvrit ses yeux en grand.

— Vous me voyez ?

— Bien sûr que je vous vois.

Elle semblait totalement surprise qu'il la regarde. Il lui fit remarquer qu'il n'était ni aveugle ni sourd et formula à nouveau sa demande : que faisait-elle là ? Pour toute réponse elle lui dit qu'elle trouvait cela formidable. Arthur ne voyait rien de « formidable » à cette situation et sur un ton plus agacé que précédemment reposa une troisième fois sa question : que faisait-elle dans sa salle de bains a cette heure avancée de la nuit ? « Je crois que vous ne vous rendez pas compte, reprit-elle, touchez mon bras ! » Il resta interloqué, elle insista :

— Touchez mon bras, s'il vous plaît.

— Non, je ne toucherai pas votre bras, qu'est-ce qui se passe ici ?

Elle prit Arthur par le poignet et lui demanda s'il la sentait quand elle le touchait. L'air excédé il confirma avec fermeté qu'il avait senti quand elle l'avait touche, qu'il la voyait et l'entendait parfaitement. II demanda une quatrième fois qui elle était et ce qu'elle faisait dans le placard de sa salle de bains. Elle éluda totalement sa question et répéta, très enjouée, que c'était « fabuleux » qu'il la voie, l'entende et puisse la toucher. Éreinté par sa journée, Arthur n'était pas d'humeur.

— Mademoiselle, ça suffit. C'est une blague de mon associé ? Vous êtes qui ? Une call-girl en cadeau de pendaison de crémaillère ?

— Vous êtes toujours grossier comme ça ? J'ai l'air d'une pute ?

Arthur soupira.

— Non, vous n'avez pas l'air d'une pute, mais vous êtes juste cachée dans mon dressing à presque minuit.

— En attendant c'est vous qui êtes à poil, pas moi !

Arthur sursauta, saisit une serviette, la passa autour de sa taille, et essaya de reprendre une contenance normale. Puis il haussa la voix.

— Bon, maintenant, on arrête ce jeu, vous sortez de là, vous rentrez chez vous, et vous direz à Paul que c'est très moyen, très très moyen.

Elle ne connaissait pas Paul et lui intima de baisser le ton. Apres tout, elle non plus n'était pas sourde, c'était les autres qui ne l'entendaient pas, elle entendait très bien. II était fatigué et ne comprenait rien à la situation. Elle semblait très perturbée, lui venait d'achever son emménagement et voulait seulement être tranquille.

— Soyez gentille, prenez vos affaires et rentrez chez vous, et puis sortez de ce placard à la fin.

— Doucement, ce n'est pas si facile que ça, je ne suis pas d'une précision absolue, quoique ça s'améliore ces derniers jours.

— Qu'est-ce qui s'améliore depuis quelques jours ?

— Fermez les yeux, j'essaie.

— Vous essayez quoi ?

— De sortir de la penderie, c'est ce que vous voulez, non ? Alors fermez les yeux, il faut que je me concentre, et taisez-vous deux minutes.

— Vous êtes folle à lier !

— Oh ! ça suffit d'être désagréable, taisez-vous et fermez les yeux, on ne va pas y passer la nuit.

Décontenancé, Arthur obéit. Deux secondes plus tard il entendit une voix qui provenait du salon.

— Pas mal, juste a côte du canapé mais pas mal.

II sortit précipitamment de la salle de bains et vit la jeune femme assise par terre au centre de la pièce. Elle fit comme si de rien n'était.

— Vous avez laisse les tapis, j'aime bien, mais je déteste ce tableau au mur.

— J'accroche les tableaux que je veux, là où je le veux, et j'aimerais me coucher, alors si vous ne voulez pas me dire qui vous êtes ce n'est pas grave, mais dehors maintenant! Rentrez chez vous !

- Je suis chez moi ! Enfin, j'étais. Tout cela est tellement déroutent.

Arthur hocha la tête, il louait cet appartement depuis dix jours et lui fit savoir qu'il était chez lui.

— Oui, je sais, vous êtes mon locataire post mortem, c'est plutôt rigolo comme situation.

— Vous dites n'importe quoi, la propriétaire est une femme de soixante-dix ans. Et qu'est-ce que cela veut dire «locataire post mortem ? »

— Elle serait contente si elle vous entendait, elle en a soixante-deux, c'est ma mère, et elle est mon tuteur légal dans la situation actuelle. Je suis la vraie propriétaire.

— Vous avez un tuteur légal ?

— Oui, compte tenu du contexte, j'ai un mal fou à signer des papiers en ce moment.

— Vous êtes suivie dans un hôpital ?

— Oui, c'est le moins que l'on puisse dire.

— Ils doivent être très inquiets là-bas. De quel hôpital s'agit-il, je vais vous raccompagner.

— Dites-moi, vous êtes en train de me prendre pour une folle évadée de l'asile ?

— Mais non...

— Parce que après la putain de tout à l'heure ça fait beaucoup pour une première rencontre.

II se moquait de savoir si elle était une call-girl ou une folle originale, il était exténué et voulait simplement se coucher. Elle ne releva pas et continua sur sa lancée.

— Vous me voyez comment ? reprit-elle.

— Je ne comprends pas la question.

— Je suis comment, je ne me vois pas dans les miroirs, je suis comment ?

— Perturbée, vous êtes très perturbée, dit-il impassible.

— Physiquement, je veux dire.

Arthur hésita, il la décrivit grande, très grands yeux, jolie bouche, un visage d'une douceur en opposition totale avec son comportement, lui parla de ses longues mains qui dessinaient des mouvements gracieux.

— Si je vous avais demandé de m'indiquer une station de métro, vous m'auriez donne toutes les correspondances ?

— Pardonnez-moi, mais je ne comprends pas.

— Vous détaillez toujours les femmes avec autant de précision ?

— Comment êtes-vous entrée, vous avez un double des clés ?

— Je n'en ai pas besoin. C'est tellement incroyable que vous me voyiez.

Elle insista à nouveau, c'était pour elle un miracle d'être vue. Elle lui dit qu'elle avait trouve très jolie la façon dont il l'avait décrite et l'invita a s'asseoir à ses côtés. « Ce que je vais vous dire n'est pas facile à entendre, impossible à admettre, mais si vous voulez bien écouter mon histoire, si vous voulez bien me faire confiance, alors peut-être que vous finirez par me croire et c'est très important car vous êtes, sans le savoir, la seule personne au monde avec qui je puisse partager ce secret. » •
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#Posté le dimanche 05 février 2006 06:43

Modifié le vendredi 06 juillet 2007 14:39

ou est tu ?

Il avait rêvé d'un amour idéal, elle l'aimait... tout simplement.

Adolescents, ils représentaient tout l'un pour l'autre. Avec l'optimisme de leur jeunesse, ils se sont promis de s'aimer pour toujours – quand bien même le destin devrait les séparer. Et la vie va les écarter l'un de l'autre comme deux étoiles soumises aux lois de la gravitation. Elle affrontera la violence des ouragans en Amérique centrale, tandis qu'il réussira à Manhattan. À l'exception de quelques rencontres furtives à l'aéroport de Newark, ils ne sauront de leurs vies réciproques que ce que disent les lettres qu'ils vont s'écrire pendant des années. Sans jamais que se brise le lien qui les unit...
Philip avait alors promis à Susan qu'il serait toujours là s'il lui arrivait quelque chose. Il ne pouvait pas savoir que cette promesse allait profondément bouleverser sa vie. Que pour l'honorer, il devrait ouvrir son c½ur à l'inconnu...
Classé sur les listes des best-sellers plus de 70 semaines, «Et si c'était vrai...», le premier livre de Marc Levy, fut le roman le plus vendu en France en 2000. Dans ce nouveau roman, différent dans son esprit et dans sa construction, on retrouve les thèmes qui ont bouleversé l'immense public de Marc Levy: la complexité des rapports humains, la force irréductible des attachements sincères, le prix à payer pour garder le respect de soi et des autres.
«Où es-tu ?» est un récit aussi haletant qu'émouvant, dans lequel on va de surprises en révélations, et qui nous mène, avec ses protagonistes, vers l'accomplissement de soi.

extrait:

Il est né le 14 septembre 1974 à 8 heures du matin par 15° 30' de latitude nord et 65° de longitude ouest, ce qui situait son berceau sur une petite île au large des côtes honduriennes. Personne n'avait prêté attention à cette naissance, la 734e inscrite sur le registre. Les deux premiers jours de sa vie, il se développa dans la plus grande indifférence. Ses paramètres vitaux étaient stables et ne justifiaient pas que l'on se penche de façon particulière sur le cours de son évolution. Il subit le même traitement que tous les nouveau-nés de son genre ; ses constantes étaient relevées toutes les six heures selon la procédure en usage. Mais le 16 septembre à 14 heures les résultats des analyses attirèrent l'attention d'une équipe de scientifiques guadeloupéens. On s'interrogea sur sa croissance qui paraissait sortir de la norme. Dans la soirée, le responsable de l'équipe chargée de sa surveillance ne put masquer son inquiétude et contacta aussitôt ses confrères américains. Quelque chose d'important était en train de se produire, la métamorphose de ce bébé nécessitait que l'humanité entière s'en préoccupe. Fruit de l'union du froid et du chaud, son dangereux caractère commençait à se manifester. Si sa petite s½ur Elaine, née en avril de la même année, n'avait vécu que onze jours, ne réussissant pas à acquérir suffisamment de force, lui grandissait au contraire à une vitesse alarmante et atteignait déjà, à deux jours, une taille inquiétante. Au troisième soir de sa vie, il chercha à se mouvoir dans tous les sens. Il tournait sur lui-même, montrant de plus en plus de vitalité, ne semblant pas se décider à aller dans une direction précise.








C'est à 2 heures du matin dans la nuit du 16 au 17 septembre, alors qu'il surveillait son berceau à la seule lumière d'un néon qui grésillait, penché sur une table recouverte de feuilles d'examens, de colonnes de chiffres et de tracés qui ressemblaient à s'y méprendre à des électrocardiogrammes, que le professeur Huc décida que son évolution exigeait qu'on le baptise au plus vite, comme pour chasser le mal qui se préparait. Compte tenu de ses mutations stupéfiantes, il y avait très peu de chances qu'il en reste là. Son prénom avait été choisi avant même sa conception : il s'appellerait Fifi. Il entra dans l'histoire le 17 septembre 1974 à 8 heures du matin, en franchissant la vitesse de 120 km/h. Il était alors officiellement qualifié par les météorologues du CDO* de Pointe-à-Pitre et par leurs collègues du NHC* de Miami d'ouragan de classe 1 selon l'échelle de Saffir Simpson. Au cours des jours qui suivirent, il devait changer de classe, passant très rapidement en seconde au grand désarroi de tous les professeurs qui l'étudiaient. À 14 heures Fifi développait des vents de 138 km/h, le soir même ils frisaient les 150 km/h. Mais la plus grande inquiétude provenait de sa position qui avait dangereusement changé, il se situait désormais par 16° 30' de latitude nord et 81° 70' de longitude ouest. L'avis d'alerte maximum fut alors lancé. Le 18 septembre à 2 heures du matin, il s'approchait des rivages du Honduras, balayant la côte septentrionale de rafales qui soufflaient à près de 240 km/h.

*


1.

Aéroport de Newark. Le taxi vient de la déposer le long du trottoir et s'enfuit dans le tumulte des véhicules qui gravitent autour des satellites ; elle le regarde disparaître au loin. Son énorme baluchon vert déposé à ses pieds pèse presque plus lourd qu'elle. Elle le soulève, grimace et le maintient sur ses épaules. Elle franchit les portes automatiques du terminal 1, traverse le hall et descend quelques marches. À sa droite un autre escalier s'élève en spirale ; malgré le fardeau qui pèse sur son dos elle grimpe les marches et s'engage d'un pas déterminé dans le couloir. Elle s'immobilise le long de la devanture d'un bar baigné d'une lumière orangée et regarde au travers de la vitre. Accoudés au comptoir en formica une dizaine d'hommes sirotent leurs bières en commentant haut et fort les résultats des matchs qui défilent sur l'écran d'une télévision accrochée au-dessus de leurs têtes. Poussant la porte en bois au large oculus, elle entre, regarde bien au-delà des tables rouges et vertes.
Elle le voit, assis au fond contre la paroi de verre qui surplombe le tarmac. Un journal plié sur la table, il a posé son menton sur sa main droite et laisse errer la gauche qui dessine au crayon un visage sur la nappe en papier.
Ses yeux, qu'elle ne peut encore voir, sont perdus dans le vague d'un bitume strié de bandes jaunes où les avions roulent au pas, allant chercher leur envol un peu plus loin. Elle hésite, emprunte la travée de droite qui la conduira à lui sans qu'il l'aperçoive. Elle dépasse l'armoire réfrigérante qui ronronne, s'approche d'un pas vif qu'elle sait garder feutré. Arrivée à sa hauteur, elle pose une main sur les cheveux du jeune homme qui l'attend et les ébouriffe tendrement. Sur le papier nid-d'abeilles, c'est son portrait qu'il esquissait.

— Je t'ai fait attendre ? demande-t-elle.

— Non, tu es presque à l'heure, c'est maintenant que tu vas me faire attendre.

— Tu es là depuis longtemps ?

— Je n'en ai pas la moindre idée. Qu'est-ce que tu es jolie ! Assieds-toi.

Elle sourit et regarde sa montre.

— Je décolle dans une heure.

— Je vais tout faire pour que tu le rates, pour que tu ne le prennes jamais !

— Alors je décolle d'ici dans deux minutes ! dit-elle en s'asseyant.

— Bon, c'est promis, j'arrête. Je t'ai apporté quelque chose.

Il dépose une pochette en plastique noir qu'il pousse vers elle du bout de son index. Elle incline la tête, sa façon à elle de dire : " Qu'est-ce que c'est ? " Et comme il comprend la moindre expression de son visage, le seul mouvement de ses yeux répond : " Ouvre, tu verras. " C'est un petit album de photos.
Il commence à tourner les pages. Sur la première, en noir et blanc, deux bébés de deux ans se regardent debout, face à face, ils se tiennent mutuellement par les épaules.

— C'est la plus vieille photo de nous deux que j'aie pu retrouver, dit-il.

Il tourne un feuillet, poursuivant son commentaire :

— Celle-ci c'est toi et moi, un Noël dont j'ai oublié la date, mais nous n'avions pas encore dix ans. Je crois que c'est l'année où je t'ai donné ma médaille de baptême.

Susan plonge la main entre ses seins pour en tirer la petite chaîne et son pendentif à l'effigie de sainte Thérèse, qui ne la quitte jamais. Quelques pages encore, elle l'interrompt et décrit à son tour :

— Celle-ci c'est nos treize ans, c'est dans le jardin chez tes parents, je viens de t'embrasser, c'est notre premier baiser, tu m'as dit : " C'est dégueulasse " quand j'ai voulu mettre ma langue ; et celle-ci c'est deux ans après, là c'est moi qui ai trouvé ça dégoûtant quand tu as voulu qu'on dorme ensemble.

Au verso Philip reprend la parole et pointe une autre image.

— Et un an plus tard à la fin de cette soirée, si je m'en souviens bien, tu ne trouvais plus ça dégoûtant du tout.
Chaque feuillet de celluloïd marque un temps de leur enfance complice. Elle l'arrête.

— Tu as sauté six mois, il n'y a pas de photo de l'enterrement de mes parents ? Pourtant je crois que c'est là où je t'ai trouvé le plus sexy !

— Arrête avec cet humour débile, Susan !

— Je ne plaisantais pas. C'est la première fois que je t'ai senti plus fort que moi, ça me rassurait vraiment. Tu sais, je n'oublierai jamais...

— Arrête avec ça...

— ... que c'est toi qui es allé rechercher l'alliance de maman pendant la veillée...

— Bon, peut-on changer de sujet ?

— Je crois que c'est toi qui me rappelles tous les ans à leur mémoire, tu as toujours été tellement attentionné, présent et prévenant chaque année, pendant la semaine anniversaire de l'accident.

— On passe à autre chose maintenant ?

— Allez, continue de nous faire vieillir, tourne les pages.

Il la regarde, immobile, il y a de l'ombre dans ses yeux. Elle lui adresse un sourire et reprend :

— Je savais que c'était égoïste de ma part de te laisser m'accompagner à cet avion.

— Susan, pourquoi fais-tu ça ?

— Parce que " ça " c'est aller au bout de mes rêves. Je ne veux pas finir comme mes parents, Philip. Je les ai vus passer leur existence à payer des traites, et pourquoi ? Pour finir tous les deux contre un arbre, dans la belle bagnole qu'ils venaient d'acheter. Toute leur vie a fait deux secondes aux infos du soir, que j'ai regardées sur la belle télé qui n'était même pas encore payée. Je ne juge rien ni personne Philip, mais moi je veux autre chose, et m'occuper des autres est une vraie raison de me sentir en vie.

Il la regarde, perdu, admirant sa détermination. Depuis l'accident elle n'est plus tout à fait la même, comme si les années s'étaient bousculées aux portes des réveillons, telles des cartes à jouer que l'on jette par deux pour distribuer plus vite. Susan ne paraissait déjà plus ses vingt et un ans sauf quand elle souriait, ce qui lui arrivait très souvent. Son cycle de Junior College achevé, et son diplôme d'Associate of Arts en poche, elle s'était engagée dans le Peace Corps, cette association humanitaire qui envoyait les jeunes porter assistance à l'étranger.
Dans moins d'une heure elle partira deux longues années durant pour le Honduras. À quelques milliers de kilomètres de New York elle passera de l'autre côté du miroir du monde.
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#Posté le dimanche 05 février 2006 08:11

sept jours pour une éternité...


Pour mettre un terme à leur éternelle rivalité, Dieu et Lucifer se sont lancé un ultime défi...
Ils envoient en mission leur deux meilleurs agents...
Lucas et Zo
fia auront sept jours sur terre pour faire triompher leur camp,
décidant ainsi q
ui du Bien ou du Mal gouvernera les hommes...
En organisant ce pari absurde, Dieu
et Lucifer avaient tout prévu, sauf une chose...
Que l'ange et le démon se renco
ntreraient...

extrait:

Avec son visage buriné, ses mains sublimes, sa carrure, s
a voix grave, Dieu était encore plus impressionnant que tout ce qu'elle avait pu imaginer. Elle fit discrètement glisser son chewing-gum sous la langue et sentit un indescriptible frisson parcourir son dos. Monsieur l'invita à s'asseoir. Puisqu'elle était selon son parrain (il savait que c'était ainsi qu'elle appelait Michaël) l'un des agents les plus qualifiés de sa Demeure, Il s'apprêtait à lui confier la mission la plus importante que l'Agence ait connue depuis sa création. Il la regarda, elle baissa aussitôt la tête.

- Michaël vous délivrera les documents et
instructions nécessaires au parfait déroulement des opérations dont vous aurez la seule responsabilité...







Elle n'avait pas le droit à l'erreur et le t
emps lui serait compté... Elle avait sept jours pour réussir.

- ...Faîtes preuv
e d'imagination, de talent, il paraît que vous en avez de multiples, je le sais. Soyez d'une extrême discrétion, vous êtes très efficace, je le sais aussi.
Il éta
it directif, jamais une opération n'avait autant exposé l'Agence. Il lui arrivait de ne plus savoir lui-même
de quelle façon il s'était laissé entraîner dans cet i
ncroyable défi

-... Si, je crois que je le sais ! ajouta t-il.

Compte tenu de la
gravité des enjeux, elle n'en référerait qu'à Michaël et en cas de besoin extrême ou d'indisponibilité de sa part, à Lui-même. Ce que Monsieur allait maintenant lui révéler ne devrait jamais sortir de ces lieux. Il ouvrit son tiroir et présenta devant elle un manuscrit où deux signatures étaient apposées. Le texte détaillait les dispositions de la singulière mission qui l'attendait :

Les deux puissances
qui régissent l'ordre du monde n'ont cessé de s'affronter depuis la nuit des temps. Constatant qu'aucune d'elle n'arrive à influencer selon sa volonté le destin de l'humanité, chacune se reconnaît contrecarrée par l'autre dans l'achèvement parfait de sa vision du monde...

Monsieur interrompit Zofia dans sa lecture pour co
mmenter:

- Depuis
le jour où la pomme lui est restée en travers de la gorge, Lucifer s'oppose à ce que je confie la terre à l'homme. Il n'a eu de cesse de vouloir me démontrer que ma créature n'en est pas digne.
Il lui fit signe de poursuivre e
t Zofia reprit le document :

... Toutes les analyses politiques, économiques et
climatiques tendent à révéler que la terre tourne à l'enfer.

Michaël expliqua à
Zofia, que leur Conseil avait opposé à cette conclusion prématurée de Lucifer que la situation actuelle résultait de leur rivalité permanente, frein à l'expression de la véritable nature humaine.
Il était bien trop tôt pour se prononcer, le se
ul acquis était que le monde ne tournait plus très rond. Zofia poursuivit :
La not
ion d'humanité diverge radicalement selon le point de vue de l'un ou de l'autre. Après d'éternelles discussions, nous avons accepté l'idée que l'avènement du troisième millénaire se devait de consacrer une ère nouvelle, libérée de nos antagonismes. Du Nord au Sud, de l'Ouest à l'Est, le temps est venu de substituer à notre cohabitation forcée un mode opératoire plus efficient...

- Ca ne pouvait plus cont
inuer ainsi, reprit Monsieur

Zofia observait les lents mouvements des mains qui
accompagnaient sa voix.

- L
e vingtième siècle a été trop éprouvant. Et puis, au train où vont les choses nous allons finir par perdre tout contrôle, Lui comme moi. Ce n'est pas tolérable, il en va de notre crédibilité. Il n'y a pas que la terre dans l'univers, tout le monde me regarde. Les lieux saints sont pleins de questions mais les gens y trouvent de moins en moins de réponses...
Gêné, Michaël fixai
t le plafond, il toussa, Monsieur invita Zofia à poursuivre.

...Pour attester l
a légitimité de celui à qui incombera de régir la terre au cours du prochain millénaire, nous nous sommes lancés un ultime défi dont les termes sont décrits ci-dessous :
Sept jours durant, nous env
errons parmi les hommes, celui ou celle que nous considérons comme le meilleur de nos agents. Le plus à même d'entraîner l'humanité vers le bien ou le mal apportera la victoire à son camp, prélude à la fusion de nos deux institutions. Le pouvoir d'administrer le nouveau monde reviendra au vainqueur.

Le manuscrit était signé d
e la main de Dieu et de la main du Diable.
Zo
fia releva lentement la tête. Elle voulait reprendre le texte à son début, pour comprendre l'origine de l'acte qu'elle tenait entre ses mains.

- C'est un pari un
absurde, dit Monsieur un peu confus. Mais ce qui est fait est fait.
Elle reprit
le parchemin, IL comprit l'étonnement que trahissaient ses yeux.

- Considère cet
écrit comme un alinéa à mon dernier testament. Moi aussi je vieillis. C'est bien la première fois que je ressens de l'impatience, alors fait en sorte que le temps passe très vite, ajouta t-il en regardant par la fenêtre, n'oublie pas à quel point il est compté... Il l'a toujours été, ce fut ma première concession.
Michaël f
it un signe à Zofia, il fallait se lever et quitter la pièce. Elle s'exécuta sur-le-champ. Au pas de la porte, elle ne put réprimer l'envie de se retourner.

- Mon
sieur ?

Michaël retint sa respiration, Die
u tourna la tête vers elle, le visage de Zofia s'éclaira.

- Merci, dit-elle

Dieu
lui sourit.

- Sept jours pour une ét
ernité... je compte sur toi !

Il la regarda
sortir de la pièce.
Dans le couloir,
Michaël retrouvait à peine sa respiration quand il entendit la voix grave le rappeler. Il abandonna Zofia, fit demi tour et retourna dans le grand bureau. Monsieur fronça les sourcils :

- Le bout de caoutchou
c qu'elle a collé sous ma table est parfumé à la fraise n'est-ce pas ?

- C'est b
ien de la fraise Monsieur, répondit Michaël.

- Une dernière chose, lorsqu'elle aur
a terminé sa mission, je te serais reconnaissant de lui faire enlever ce petit dessin sur l'épaule avant que tout le monde ici ne s'y mette. On n'est jamais à l'abri d'une mode.

- C'est évident,
Monsieur.

- Une question encore: Comment as-tu
su que je la choisirais ?

- Par
ce que cela fait plus de deux mille ans que je travaille à vos côtés, Monsieur !

Michaël referma la porte derrière lui. Lorsque Mons
ieur fut seul, il s'assit au bout de la longue table et fixa la cloison face à lui. Il racla sa gorge pour annoncer d'une voix claire et forte :

- Nous sommes prêt
s !

- Nous aussi ! répondit
narquoisement la voix de Lucifer.

Zofia attendait d
ans une petite salle. Michaël entra et avança vers la fenêtre. Au-dessous d'eux le ciel s'éclaircissait, quelques collines émergeaient de la couche nuageuse.
- Dépêc
he-toi, nous n'avons pas de temps à perdre, il faut que je te prépare.
Ils prirent
place autour d'une petite table ronde sous une alcôve. Zofia confia son inquiétude à Michaël.
- Par où dois
-je commencer une telle mission, parrain ?
- Tu pars ave
c un certain handicap ma Zofia. Voyons les choses en face, le mal est devenu universel et presque aussi invisible que nous. Tu joues en défense, ton adversaire en attaque. Il te faudra d'abord identifier les forces qu'il liera contre toi. Trouve le lieu où il tentera d'opérer. Laisse-le peut-être agir en premier et combat ses projets du mieux que tu le pourras. Ce n'est que lorsque tu l'auras neutralisé que tu auras une chance de mettre en ½uvre un grand dessein. Ton seul atout est le cadre de ta mission qui te sera familier. Ils ont choisi San Francisco comme théâtre d'opération....par le plus pur des hasards.

Se balançant sur sa chaise, Lucas ache
vait de prendre connaissance du même document sous l'½il attentif de son Président. Bien que les stores fussent baissés, Lucifer n'avait pas ôté les épaisses lunettes de soleil qui masquaient son regard. Tous ses proches le savaient, le moindre éclairage irritait ses yeux, brûlés jadis par un rayonnement excessif.
Entouré des
membres de son cabinet qui avaient pris place autour de la table aux proportions démesurées (elle s'étirait jusqu'à la cloison qui séparait l'immense salle du bureau adjacent), Président déclara aux membres du Conseil que la séance était levée. Sous l'impulsion du directeur de la communication, un dénommé Blaise, l'assemblée s'achemina vers l'unique porte de sortie. Resté assis, Président fit un geste de la main, rappelant Lucas à ses côtés. Accentuant son geste il l'invita à se pencher vers lui et murmura quelque chose à son oreille que personne n'entendit. En sortant du bureau, Lucas se vit rejoindre par Blaise qui l'accompagna jusqu'aux ascenseurs.
En chemin,
il lui remit plusieurs passeports, des devises, un grand trousseau de clés de voitures, et exhiba une carte de crédit de couleur platine qu'il agita sous son nez.

- Doucement avec les notes de frais, n'abusez pas !

D'un geste vif
et agacé, Lucas s'empara du rectangle en plastique et renonça à serrer la main la plus adipeuse de toute l'organisation. Habitué de la chose, Blaise frotta sa paume sur le dos de son pantalon et cacha gauchement ses mains dans ses poches. Dissimuler était une des grandes spécialités de l'individu qui s'était hissé jusqu'à ce poste, non par compétence, mais par tout ce que la volonté d'ascension peut produire de fourberie et d'hypocrisie. Blaise congratula Lucas, lui dit qu'il avait pesé de tout son poids (une litote, compte tenu de sa physionomie) pour favoriser sa candidature. Lucas n'accorda pas le moindre crédit à ses propos : Blaise n'était à ses yeux qu'un incompétent à qui l'on avait confié la responsabilité de la communication interne, pour d'exclusives raisons de parenté.
Lucas ne prit même pas la pein
e de croiser ses doigts quant il promis de rendre régulièrement compte à Blaise de l'avancement de sa mission. Au sein de l'organisation qui l'employait, mystifier était le moyen le plus sûr dont disposaient les directeurs pour pérenniser leurs pouvoirs. Pour plaire à leur Président, il leur arrivait même de se mentir entre eux. Le responsable de la communication supplia Lucas de lui divulguer, ce que Président avait murmuré à son oreille. Ce dernier le dévisagea avec mépris et prit congé.
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#Posté le dimanche 05 février 2006 08:17

la prochaine fois

Jonathan croise la route de Clara.
Tous deux sont convaincus de s'être dé
jà rencontrés.
Mais où et quand ?
A Londres, il y a plus d'un siècle.

Au
jourd'hui, se reconnaîtront-ils ?

Le quatrième roman de Marc Levy entraîn
e ses lecteurs de Saint Pétersbourg à Boston, de Londres à Florence et Paris, dans une histoire où amours et énigmes défient le temps.

extrait:

L
es petites rues qu'ils sillonnaient resplendissaient sous le soleil. Les devantures des magasins le longdes trottoirs en pierre blanche rivalisaient de couleurs.
Des jardinières de fleurs accrochées à intervallesréguliers
au col des lampadaires se balançaient dans la brise légère. Jonathan avait la sensation de vivre dans un autre temps, une autre époque. Il marchait vers un rendez-vous qu'il attendait depuis toujours, admirant les toitures des maisons en ardoise et bardeaux. Et même si l'informateur de Peter se trompait, même si Jonathan devait être déçu comme il s'y préparait, il savait que dans l'une de ces galeries qui tournaient le dos à Piccadilly, il approcherait enfin de près les derniers tableaux de Vladimir Radskin. Il leur fallut à peine dix minutes pour arriver devant le no 10 Albermarle street. Peter prit le petit bout de papier dans la poche de son veston et vérifia l’adresse. Il jeta un coup d'oeil à sa montre et pressa son visage entre les croisillons de fer qui protégeaient la vitrine.








Ça doit être encore fermé, dit-il d'un air dépité.
Tu aurais dû travaille
r dans la police, répliqua Jonathan du tac au tac.
De l'autre côté de la c
haussée, Jonathan remarqua la devanture d'un petit établissement où l'on servait cafés et viennoiseries. Il décida de traverser la rue, Peter le suivit. L'endroit était accueillant. L'arome des grains fraîchement moulus se mélangeait à celui des brioches à peine sorties du four. Les rares clientsé taient accoudés à des tables hautes, chacun plongé dans la lecture d'un journal ou d'une revue. Quand ils étaient entrés, aucun d'entre eux n'avait relevé
la t
ête.
Devant le comptoir en vieux marbre grainé, ils comman
dèrent deux cappuccinos, et chacun emporta sa collation vers la tablette qui bordait la vitrine. C'est là que Jonathan vit Clara pour la première fois. Vêtue d'une gabardine beige, elle
é tait assise sur l'un des tabouret
s et tournait les pages du Herald Tribune en buvant son café crème. Absorbée par sa lecture, elle porta distraitement le liquide fumant jusqu'à sa bouche, grimaça en se brûlant la langue et, sans jamais détourner les yeux de l'article qu'elle lisait, elle reposa le gobeletà tâtons et tourna rapidement une page. Clara avait un charme sensuel, même affublée d'un trait de moustache blanche que la crème avait déposée audessus de sa lèvre supérieure. Jonathan sourit, il prit une serviette en papier, s'approcha et la lui tendit. Clara s'en empara sans relever la tête. Elle s'essuya et la lui rendit tout aussi mécaniquement. Jonathan la rangea dans sa poche et ne quitta plus Clara du regard. Elle acheva la lecture qui semblait la contrarier, repoussa le journal et secoua la tête de droite à gauche, puis elle se retourna en regardant Jonathan, perplexe.
Nous nous connaissons ?
Jo
nathan ne répondit pas.
L
a serviette en papier à la main, il lui désigna la pointe de son menton. Clara tamponna le bout de son visage, retourna la serviette, réfléchit quelques secondes et ses yeux s'éclairèrent.
Pardon,
dit-elle. Je suis vraiment désolée, je ne sais pas pourquoi je lis cette presse, à chaque fois ça me met en colère pour le reste de la journée.
Et
que racontait cet article ? demanda Jonathan.
Aucune importance, répondit
Clara, des choses qui se veulent aussi techniques que savantes et qui ne sont finalement que des considérations prétentieuses.
Mais encore ?
C'est
vraiment très gentil à vous de vous intéresser ainsi mais vous n'y comprendriez probablement rien, c'est terriblement ennuyeux et lié au monde dans lequel je travaille.
Donnez-m
oi une chance, quelle est cette planète ?
C
lara regarda sa montre et récupéra aussitôt son foulard posé sur le tabouret voisin.
La peinture ! Je dois
vraiment filer, je suis en retard, j'attends une livraison.
Elle se dirig
ea vers la porte et se retourna juste avant de sortir.
Merci encore pour..
.
Il n'y a pas de quoi, l'interrompit Jon
athan.
Elle esquissa une légère ré
vérence et quitta l'établissement. Par-delà la vitrine, Jonathan la regarda traverser la rue en courant. Sur le trottoir d'en face, elle introduisit une clé dans un petit boîtier fiché dans la façade et le rideau de fer de la galerie située au 10 Albermarle street se releva. Peter s'approcha de Jonathan.
Qu'est-ce que tu fais ?
Je c
rois que nous pouvons y aller, répondit Jonathan qui regardait la silhouette de Clara disparaître dans la galerie.
C'est avec elle que nous avons re
ndez-vous ?
J'en ai bien l'impression
.
Eh bien, dans ce cas, tu vas me ch
anger tout de suite la façon dont tu la regardais.
De quoi parles-tu ?
De
me prendre pour un crétin, ce n'est pas grave, ça fait vingt ans que ça dure.
En réponse à l'air étonné de Jonath
an, Peter fit une grimace en pointant le bout de son menton. Il sortit du café, mimant le geste d'agiter un mouchoir. La galerie était éclairée par la lumière du jour. Jonathan appuya sa tête contre la vitrine. Les murs étaient nus, la pièce vide, la jeune femme devait se trouver à l'arrière de la boutique. Il appuya sur la petite sonnette qui se trouvait juste à côté de la porte en bois peinte en bleu. Peter se tenait derrière lui. Clara apparut quelques instants plus tard. Elle portait encore son manteau et fouilla aussitôt dans ses poches. Elle sourit en reconnaissant jonathan, fit pivoter le loquet et entrebâilla la porte.
J'ai oublié mes clés sur le compt
oir ?
Non, dit Jonathan, sin
on je suppose que vous n'auriez pas pu rentrer.
Vous avez probablement r
aison, mon porte monnaie alors ?
Non plus.
M
on agenda ! Je le perds tout le temps, je dois avoir horreur des rendez-vous.
Vous n'avez rien oublié
du tout, je vous rassure.
Impatient, Peter pa
ssa devant Jonathan et tendit sa carte de visite à Clara.
Peter Gwel, je r
eprésente la maison Christie's, nous arrivons ce matin même de Boston pour vous
rencontrer.
Boston
? C'est bien loin, le siège de votre établissement n'est-il pas londonien ? demanda Clara en
laissant entrer ses visiteurs.

Retournant sur ses pas,
elle leur demanda ce qu'elle pouvait faire pour eux. Peter et Jonathan se regardèrent étonnés. Jonathan la suivit vers le fond de la galerie.
Je
suis expert en tableaux. Nous avons appris que...
C
lara l'interrompit, l'air amusé.
Je devine ce qui vous amène, bien que vou
s soyez très en avance. Comme vous pouvez le constater, je n'attends la première livraison qu'en fin de matinée. La première livraison ? demanda Jonathan.
Pour des quest
ions de sécurité les tableaux seront transportés individuellement, au rythme d'un par jour. Pour les voir tous il vous faudra passer la semaine à Londres. Cette galerie est indépendante, mais dans mon métier ce sont souvent les compagnies d'assurances qui commandent.
Vous cra
ignez un vol au cours du transport ?
Vol, accident, une telle collection e
xige quelques précautions.
Un camion de déménagement aux couleurs de la Del
ahaye Moving se rangea devant la vitrine. Clara fit un signe au chef d'équipe qui descendait de sa cabine. Peter et Jonathan étaient chanceux, le premier tableau venait d'arriver. Le hayon arrière s'abaissa et trois hommes transportèrent une immense caisse jusqu'au centre de la galerie. Avec mille précautions ils défirent une à une les planches qui protégeaient l'oeuvre. Lorsqu'elle fut enfin extraite de son sarcophage de bois, Clara indiqua aux manutentionnaires la cimaise où elle devait être suspendue. Jonathan brûlait d'impatience. Les transporteurs
L'accrochèrent avec une précision q
ui forçait l'admiration. Dès qu'ils s'en écartèrent, Clara inspecta l'encadrement et étudia minutieusement la toile. Satisfaite, elle signa le bon de réception que lui tendait le chef d'équipe.
Deux heures s'étaient presque
écoulées lorsque le camion quitta la rue. Pendant tout ce temps Peter et Jonathan avaient religieusement regardé Clara réceptionner et mettre en place le tableau. Jonathan voulut l'aider à plusieurs reprises mais elle ne le laissa pas faire. Elle relia le cadre à l'alarme et grimpa sur un grand escabeau pour orienter unà un chacun des petits projecteurs qui éclaireraient la toile. Jonathan se positionna en face et lui donna quelques indications de réglage dont elle ne tint pas vraiment compte. Elle redescendit plusieurs fois pour observer elle-même le travail accompli. Grognonnant
quelq
ues mots qu'elle seule comprenait, elle remontait aussitôt sur son échelle et modifiait son éclairage. Peter souffla à l'oreille de son ami qu'il avait bien cru jusque-là que lui seul était fou et possédé par le peintre russe, mais qu'il lui semblait
désormais que son titre était en compétition.
Jonathan le tança du coin de l'oeil et Peter s’éloigna, passant le reste de sa matinée pendu à son téléphone portable. Il arpentait la vitrine au fil des communications, tantôt à l'intérieur de la galerie, tantôt sur le trottoir quand Clara et Jonathan échangeaient leurs points de vue sur la qualité de la lumière obtenue.
Vers une heure de l'après-midi, Clara se post
a devant le tableau, à côté de Jonathan. Bras sur les hanches, ses traits se détendirent, elle lui donna un petit coup de coude qui le fit sursauter.
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#Posté le dimanche 05 février 2006 08:19

Modifié le samedi 18 février 2006 06:36

Vous revoir

« Un matin, il m'a promis de me raconter une histoire incroyable, et il a disparu. »

Lauren

« Nous avons vécu le début d'une histoire, elle était comme une promesse que la vie n'a pas tenue ; moi je tiens toujours mes promesses. »

Arthur

Si la vie offrait à Arthur et à Lauren une seconde chance de se revoir, sauraient-ils prendre tous les risques pour la saisir?

Avec cette comédie romantique, Marc Levy retrouve les personnages de son premier roman, Et si c'était vrai..., et nous entraine dans une nouvelle aventure, faite d'humour et d'imprévus...

extrait:

Les pavés lavés à grands jets d'eau séchaient sous les premiers rayons de soleil. Dans la rue Bonaparte, quelques devantures s'animaient déjà ; Arthur hésita devant la vitrine d'une pâtisserie et poursuivit son chemin. La place de Furstemberg était encore déserte, un rideau de fer se levait. Arthur salua la jeune fleuriste, sa blouse blanche lui donnait une allure de chimiste. Les bouquets anarchiques qu'ils composaient ensemble chaque mardi coloriaient les trois pièces du petit appartement qu'Arthur occupait encore, il y a deux jours.

En rendant les clés, il avait fermé la porte sur de longs mois de vie à l'étranger, et le plus extravagant projet d'architecture qu'il avait réalisé : Un centre culturel franco américain. La fleuriste à la silhouette élégante lui rendit son salut, sans savoir qu'elle ne le reverrait peut-être plus. Il espérait revenir un jour en compagnie de la femme qui occupait ses pensées. Il lui ferait découvrir les rues étroites de ce quartier qu'il aimait tant, ils marcheraient le long des berges de la Seine où il avait pris goût à se promener, même les jours de pluie, fréquents dans la capitale. Il s'installa sur un banc pour écrire une lettre qui lui tenait à coeur. Quand elle fut presque achevée, il referma l'enveloppe en feuille de Rive sans en coller le rabat, il avait encore des mots à poser sur le papier. Il rangea la lettre dans sa poche, regarda sa montre et retourna vers son hôtel. Son avion décollait dans trois heures et le taxi ne tarderait pas à arriver. Ce soir, il serait de retour dans sa ville, au terme de la longue absence qu'il s'était imposée.
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#Posté le dimanche 05 février 2006 08:21

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